Élise Cornellier Bernier, faire de l’art en pinte 6 mars 2019

Élise Cornellier Bernier, faire de l’art en pinte

Ça remonte à l’époque du cégep : Élise étudiait alors les arts plastiques et carburait à la création. Un de ses amis qui s’amusait à fabriquer du vin chez lui l’avait alors initiée à la fabrication de vin de miel. C’est à ce moment qu’elle s’est mise à faire ses propres vins de fruits. Portrait d’Élise Cornellier Bernier, copropriétaire de À l’Abri de la Tempête.

Élise Cornellier Bernier

Crédit photo : Emmanuelle Roberge Photographe

 

On arrive en 96. Les microbrasseries du Québec ne sont pas nombreuses. Élise brasse quelques bières à la maison et, suivant les conseils de son père, se décide à faire le grand saut : elle tente de se trouver un emploi comme brasseuse.

Les premiers balbutiements

Elle débarque au Bilboquet. Elle s’assoit alors au bar et commande une pinte de rousse. En reconnaissant le houblon, elle le mentionne au patron de l’époque; c’était le bon houblon. Elle fut alors engagée. Comme quoi elle était à un houblon près de l’être.

À ce moment-là, l’industrie brassicole n’était certainement pas aussi spécialisée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Les formations dans le milieu étaient elles aussi très peu nombreuses, voire, inexistantes. Au Bilboquet, et comme pas mal partout, on brassait sur le tas. Élise a donc pris les rênes du côté de la brasserie en prenant soin de former plusieurs brasseurs au passage.

Direction : les Îles de la Madeleine!

Élise décide de suivre sa copine de l’époque, et aujourd’hui grande amie, Anne-Marie, vers les Îles de la Madeleine alors qu’elle n’y a jamais mis les pieds. Rapidement, elle est envoutée par la beauté des lieux. Le 26 juin 2004, Élise et Anne-Marie ouvrent À l’Abri de la Tempête, la microbrasserie dont elles sont encore aujourd’hui toutes deux copropriétaires.

C’est dans une ancienne usine de transformation de poisson et de crabe abandonnée qu’elles écrivirent alors les premières lignes de leur belle histoire.

« La municipalité avait arrêté de l’entretenir il y avait un moment déjà. Le toit coulait, la tôle était arrachée. Il fallait alors beaucoup d’imagination pour voir notre projet prendre vie. »

Bien que la microbrasserie ait grandement réussi à tirer son épingle du jeu, ce serait se fermer les yeux de dire que tout a toujours été facile. Au départ, pas grand monde croyait en leur projet. Mais celles qui étaient alors considérées comme deux femmes sans crédibilité ont travaillé d’arrache-pied pour concrétiser leur projet. Élise souligne d’ailleurs que sans le soutien de tous ceux et celles qui les ont aidées, elles n’auraient pu y arriver.

« À l’époque, les « vraies personnes » buvaient de la Labatt alors que les marginaux buvaient de la bière de micro. » Force est de constater que les marginaux l’ont emporté.

Élise et Anne-Marie étaient loin de s’attendre à autant de succès. Et depuis, l’endroit est en constante rupture de stock.

Accord bière et femmes

L’artiste brassicole soutient qu’il n’y aura jamais trop de femmes dans le monde la bière. Elle rappelle d’ailleurs que derrière plusieurs grands joueurs se cachent des femmes. Elle souligne au passage le travail de Laura Urtnowski chez Boréale. Même si, oui, les hommes sont encore beaucoup plus nombreux à brasser que les femmes, elle lève son chapeau à toutes celles qui permettent, entre autres, à la bière de se retrouver sur les tablettes de détaillants.

« C’est le cas pour moi également; si je n’avais pas eu Anne-Marie du côté du développement des affaires, des ressources humaines et pour l’aspect administratif, je n’y serais jamais arrivée. »

« Bière de femme »

Élise souligne que la bière n’a pas de genre et que même les petites bières blondes qu’on attribuerait normalement aux femmes sont souvent délectées par les hommes.

« Génétiquement parlant, la femme perçoit mieux l’amertume que l’homme. C’est ce qui explique que plusieurs adorent la IPA par exemple. » Selon elle, tout est dans l’écoute des goûts de la personne. « Non seulement la bière n’a pas de genre, mais beaucoup de gens ne savent pas ce que c’est, la bière », souligne Élise, en parlant du volet éducatif qui est très important dans l’industrie brassicole.

Du côté du service, celle-ci souligne qu’il n’est pas rare qu’une femme ait un vocabulaire brassicole très développé et que lorsqu’il est question de conseiller une bière, le genre s’efface et la confiance en soi prime sur le reste.

Parlant de bière de femme, Élise, elle, qu’est-ce qu’elle aime boire?

« La question qui tue! Et la réponse que je donne toujours, c’est que je suis beaucoup sur la fraicheur, j’aime les produits qui n’ont pas beaucoup de défauts. Je préfère quelque chose de simple, bien fait. J’ai un penchant pour les bières florales et végétales. »

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