Le King Hall, le salon de Sherbrooke depuis 30 ans 21 février 2019

Le King Hall, le salon de Sherbrooke depuis 30 ans

En 2015, lors d’une entrevue accordée à La Tribune, Maxime Pothier, alors nouvellement propriétaire du King Hall, confiait souhaiter que l’établissement devienne le meilleur bar au monde. Presque quatre ans plus tard, c’est dans un King Hall dont l’offre de cocktails, de bières et de spiritueux est plus impressionnante que jamais que je m’assoie avec celui aux rêves inspirants. Le King Hall, 30 ans, une bière spécialement brassée pour l’occasion par Pit Caribou et un nouveau cellier de bières en a parcouru du chemin au cours des dernières années.

King Hall

Je ne pouvais m’empêcher de revenir sur ces paroles qu’il avait prononcées quelques années plus tôt.
Lorsque je lui ai demandé où il en était dans la concrétisation de son rêve, il s’est empressé de me répondre :

« Je ne pense pas réaliser un jour ce but-là. Mais je pense qu’en gardant un objectif comme cela, ça nous pousse à être le meilleur de ce qu’on peut être. »

C’est d’ailleurs en gardant en tête cet objectif, qui se veut plutôt une vision, qu’il invite les employéEs de l’endroit à donner le meilleur d’eux-mêmes et même, à apporter leur petite touche personnelle à l’endroit, notamment à l’aide de la recherche et du développement.

« Notre plus grande force réside dans la recherche et le développement. Mon personnel en connait parfois plus que moi sur certains produits! On se tient au courant de ce qui se passe un peu partout dans le monde. On essaie et on repousse les limites. »

Sherbrooke, et puis?

Cette philosophie d’entreprise doit vraisemblablement fonctionner puisque Maxime tient l’un des bars les plus hot de la région, voire, de la province. Rappelons qu’en 2017, l’Association des microbrasseries du Québec (l’AMBQ) le couronnait pub de l’année. Une première pour un bar du coin.

Le fait que Maxime soit propriétaire d’un bar de Sherbrooke ne l’a jamais empêché de voir grand. Même quand son entourage lui disait de revenir sur terre… ou à Sherbrooke. Il n’est d’ailleurs pas rare que Maxime se déplace un peu partout au Québec, mais également à l’extérieur de la province, pour voir ce qui se fait ailleurs pour s’en inspirer à sa façon. Parfois, il quitte la ville quelques jours pour aller fait le plein d’idées dans d’autres municipalités québécoises, américaines ou même, à l’extérieur des frontières de l’Amérique. Parmi les endroits qu’il a préférés, il cite Chicago et Hong Kong.

C’est lors d’une de ses escapades en sol gaspésien, il y a bientôt un an, qu’il s’est arrêté avec une petite équipe chez Pit Caribou pour brasser la bière qui deviendrait la bière du 30e anniversaire du pub.

King Hall

Crédit photo : King Hall

Réinventer le King Hall depuis 2014

Avant d’en devenir le propriétaire, Maxime travaillait pour le fondateur du King Hall, Pierre Parizeau. Il a même tenté de lui racheter le bar à deux reprises avant d’enfin réussir.

« Soit je n’avais pas un sou, soit j’étais trop jeune. Je savais que j’étais dû pour l’acheter, mais pas tout de suite. » C’est à quelques mois de la fin de ses études en design intérieur, étude qu’il fit après des études en hôtellerie, que Pierre annonça la vente de son bar. Le premier novembre 2014, il était officiellement le sien.

Son premier investissement lorsqu’il reprit les rênes de l’endroit : un ordinateur. C’était un indispensable puisque l’endroit fonctionnait encore avec une ancienne caisse qui datait du Café du Palais. Son deuxième objectif était de montrer la porte aux grosses chaînes pour prioriser les microbrasseries québécoises. Ça et remplir les étagères derrière le bar de produits d’un peu partout dans le monde, mais de plus en plus locaux.

« À l’époque, l’étagère derrière le bar avait un tout autre look, elle n’était pas illuminée. Elle était mystérieuse et sombre, un peu à la façon de Poudlard. Il n’y avait que trois étagères. Aujourd’hui, il y en a six et elles sont illuminées. J’ai pris une chance. Je ne savais pas si la clientèle allait aimer les nouvelles étagères. »

Force est de constater que quatre ans plus tard, elles font toujours partie intégrante de ce qu’on adore de l’endroit aux côtés des 400 spiritueux, des 30 lignes de fût et des 240 bières du tout récent cellier. Parlant du récent cellier. Cela fait déjà quelques mois que le King Hall a perfectionné son offre de bières en ajoutant à son menu de bières en fût un cellier où l’on retrouve des bières d’ici et d’ailleurs, mais surtout, beaucoup de raretés et même, des exclusivités. Un projet qui n’aurait été possible sans l’apport inestimable du bras droit de Maxime en ce qui concerne la bière, Jonathan Rondeau-Leclaire. (Et oui, le même Jo qui travaille chez nous!)

« C’est un projet qui a pris environ deux ans à mettre sur pied. Un long projet d’amour et haine, qui a nécessité beaucoup de sous et de maux de tête, mais dont on est super fiers. »

Le salon de tout le monde, version branchée

La beauté de l’endroit réside entre autres dans le fait qu’on y retrouve toute sorte de monde. Des jeunes, des plus vieux, des amatrices de bières, des tripeux de scotch, des amoureux de cocktails. Des gens d’ici, des gens d’ailleurs.

« Tu peux arriver en veston-cravate parce que tu viens de gagner la plus grosse cause de ta vie ou en chienne de travail pleine d’huile », souligne d’ailleurs Max.

C’est cela, finalement le King Hall. Un endroit qui rassemble un peu tout le monde autour d’une offre qui comble tous les goûts en matière de bières, de spiritueux et de cocktails. Un endroit qui a sa propre histoire, mais qui ajoute des chapitres en ajoutant des visages et des expertises. Celle notamment de Ginette qui est là depuis le premier jour, celle d’André Duncan qui a développé l’offre de cocktails il y a quelques temps ou encore celle de Jonathan Rondeau-Leclaire qui lui, s’occupe de la bière depuis près de deux ans maintenant.

Maxime souhaite au King Hall d’un jour souffler sa centième bougie d’anniversaire. Pour sa ville. Pour ce que Pierre en a un jour fait. Pour la clientèle. Pour l’histoire. D’ici là, il pense que d’ici quatre ans, son pub sera enfin ce qu’il avait imaginé. On ne peut que lui souhaiter plein de plaisir pour le prochain chapitre.

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