Vins d’ici : pourquoi oser, selon notre sommelier 18 décembre 2018

Vins d’ici : pourquoi oser, selon notre sommelier

L’industrie québécoise du vin est souvent victime de préjugés. Comme dans toute industrie, il y a eu des faux pas. Mais ce qu’il faut retenir, ce sont les grands pas. On en discute avec Émile, copropriétaire et gérant de notre magasin de Rock Forest, mais également sommelier de formation. 

Des vins différents, mais pas moins bons

Un article publié dans La Presse + en août 2018 indiquait que les ventes de vin québécois ne faisaient qu’augmenter, que la production de vin avait crû de 75 % en 3 ans et qu’elle allait quintupler d’ici dix ans. Pourtant, bien que de plus en plus appréciés et connus des consommateurs, les vins de chez nous demeurent un peu dans l’ombre de ceux d’ailleurs.

vins québécois

« Les Québécois ont tendance à aimer les vins rouges qui sont très charnus, très confiturés, très corsés comme ceux de la Californie ou de l’Espagne, des endroits chauds qui offrent des conditions climatiques très différentes des nôtres. Au Québec, on ne peut faire ce style de vin-là parce qu’on n’a pas le climat ni les cépages pour le faire », explique Émile.

Si les vins d’ici ne correspondent pas à l’idée qu’on se fait des vins rouges, ils n’en sont pas moins bons. Ils ont leur créneau bien à eux : ils sont plutôt axés sur l’acidité, le petit fruit rouge, ils sont généralement peu corsés, peu taniques. Émile mentionne toutefois qu’il est maintenant possible de produire des vins rouges corsés comme les cépages et les méthodes de vinification se sont adaptés au fil du temps.

« Au même titre que les vins d’ailleurs, ils peuvent être excellents, c’est juste un autre style de vin. »

Évidemment, tous les vins québécois ne sont pas dignes de mention. Mais ça, c’est comme cela dans toute catégorie de produit et surtout, partout dans le monde.

« Il y aussi plusieurs vins français qui sont mauvais, mais la différence, c’est qu’ils ne sortent pas de la France, ou très peu. À l’inverse, on a de très bons vins qui ont fait leur renommée à l’international, comme Pinard et filles et de Léon Courville, par exemple. »

Émile souligne qu’il ne s’agit que de se donner la peine de découvrir les bons vins québécois. Et pour faire le grand saut, il suggère de commencer avec le vin blanc puisque le climat en sol québécois est plus propice, pour la simple et bonne raison que les cépages blancs, normalement, requièrent un peu moins de chaleur que du côté des cépages rouges. Sans oublier que le Québécois moyen aime que son vin blanc ait une certaine acidité.

Vins Morou

Les vins québécois de plus en plus présents

Le Bières Dépôt au Vent du Nord n’a plus à faire son nom : il est reconnu à travers l’Estrie et même, à travers le Québec, pour son impressionnante offre de bières de microbrasseries québécoises, mais également pour son très grand savoir-faire. Mais depuis l’ouverture du magasin de Rock Forest en 2016, on remarque que l’offre de vin ne cesse d’augmenter, et c’est encore plus vrai en 2018. Émile n’est peut-être pas si loin de son rêve qui était d’ouvrir un caviste, un endroit où spiritueux, bière et vin seraient en vente.

Vins et vins fortifiés

Une sélection grandissante de vins québécois qui surprend à chaque fois. On le sait, tu as peut-être des préjugés envers le produit. Sache qu’au Vent du Nord, c’est un sommelier qui s’occupe de notre sélection; tu seras surpris de la qualité des vins québécois qu’on vend!

Pis toi Émile, t’es un gars de bière, de vin ou de spiritueux?

C’est après un rire de quelques secondes qu’Émile se lance :

« Je te dirais que ça dépend des moments de ma vie. C’est comme demander à un parent de choisir entre ses deux enfants. Je ne peux pas répondre. Disons seulement que j’ai des époques de ma vie qui sont plutôt en accord avec le vin alors que d’autres le sont plutôt avec la bière, mais que jamais j’en aime un moins que l’autre. »

Vin québécois

De la bière au vin, vivement le local

Si les Québécois et Québécoises se tournent de plus en plus vers des options locales lorsque vient le temps d’acheter leur bière, Émile n’est pas le seul à croire que le même scénario pourrait arriver du côté des vins, à condition d’être capable d’offrir des vins à meilleurs prix puisque que selon lui, le plus grand frein à l’achat de ceux-ci demeure leur prix qui est nettement plus élevé que chez les autres pays producteurs.

 Certes, le même phénomène est observable du côté de la bière : la bière de microbrasserie québécoise est nettement plus chère que la bière des multinationales étrangères. La différence est que le peuple québécois fait confiance aux brasseurs locaux depuis longtemps tout simplement parce que la bière de chez nous est aussi bonne que celle d’ailleurs, et le fait qu’on ne nécessite pas d’un climat particulier pour faire de la bonne bière y est certainement pour quelque chose.

« Je pense juste que le gouvernement devra s’en mêler pour vignerons québécois à entrer dans la compétition. Parce que la qualité est là, on a vraiment de bons vins qui correspondent aux palais des Québécois, c’est du côté du prix qu’il y a un enjeu. »

Le gouvernement a d’ailleurs annoncé au début du mois de novembre l’arrivée de l’appellation Vin du Québec. Peut-être que d’autres mesures pour faire briller les vignobles de chez nous s’ajouteront. Quoi qu’il en soit, il s’agit assurément d’un dossier à suivre.

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